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Levallois

 
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Accueil > Restaurants > France > Ile de France > Hauts-de-Seine (92) > Levallois


Restaurant Corsica Restaurant
Maison de la Corse


Curnonsky, Prince des Gastronomes, aurait sans doute prédit à propos du Corsica Restaurant : « voilà une maison honnête, nantie d'une carte riche, qui deviendra un noble nom de la cuisine régionale. » Pour les pressés du clavier qu'ils s'en tiennent au résumé de ma découverte culinaire ci-dessus, foi d'épicurien ils ne seront pas déçus, pour les autres je vous convie à une lecture attentive de mon aventure au Corsica Restaurant à Levallois.

J'ai cité l'ami d'Alphonse Allais en préambule, comme une accréditation des capacités d'enchantement des papilles par cette jeune maestra de la cuisine insulaire : Patricia Ettori. Le maître nous a quitté et ses émules prennent sa succession. Ainsi toute la presse parisienne semble s'être bousculée aux portes du restaurant de la Maison de la Corse. Le Parisien, France 2, France 3, Miam, 92 express, l'Informateur Corse, Radio Bleue, et bien d'autres y vont de leur petite phrase. Le Petit Futé précise d'ailleurs : « En venant dans ce restaurant, vous comprendrez ce que veux dire partager selon l'hospitalité corse ! » Périco Légasse semble avoir sa table au Corsica Restaurant puisqu'il précise : « Nous y avons toujours trouvé autant de sympathie dans l'accueil que de bonheur dans la cuisine. » Bientôt les enfants de Maurice Edmond Sailland se joindront à nous pour ovationner cette cuisine juste. Les Pudlowski, Petirenaud, Aviotte, Equere, Rubin, Ribaut, Brown, Camas, Coffé et autres Gloaguen se mettrons enfin d'accord pour admettre un restaurant atypique à l'égal de grands noms de la cuisine française.

Vous pensez que j'exagère et qu'un restaurant à Levallois aussi bon soit-il ne mérite pas une telle débauche de compliments ? Je vais étayer ma thèse et vous comprendrez pourquoi du haut de mes 84 ans, je prends une plume virtuelle pour vous expliquer mon ravissement.

Imaginez une Marianne, nommez-là Laetitia Casta et vous aurez une idée de mon propos. Les professionnels qui pratiquent la découpe de l'image, la subtilité du détail, vous dirons : « trop ceci ou pas assez cela ». Les critiques culinaires précités et que j'adore, eux, vont davantage vers une recherche de l'équilibre accueil, saveur, décoration, prix. Partant de ce postulat et selon mes références culturelles, Laetitia est une des plus belle femme du monde et le Corsica un des meilleurs ambassadeurs de la cuisine corse de ce début de millénaire. Tout de même. Si la décoration est moyenne à mon goût, les peintures accrochées au mur sont d'une finesse extrême et le tout est posé avec assez d'harmonie pour vous procurer confort et plaisir. Tout est propre, raffiné sans ostentation.

L'accueil est un cas d'école. Je voyais pour la première fois cette montagne rousse et j'avais l'impression d'être en présence d'un ami d'enfance. Vous voyez l'artiste passionné, le bavard méditerranéen qui parle aussi bien avec les mains qu'avec le cœur et bien c'est celui-là que je retrouvais avec beaucoup de bonheur en franchissant le seuil du 13 rue Voltaire. En fin de soirée l'homme à la rousse - et longue - chevelure nous offrait une balade vers une autre de mes passions : la peinture. Président de la Maison de la Corse, peintre, restaurateur, écrivain et que sais-je encore celui que l'on nomme Magà nous a présenté quelques-unes une de ses toiles dont je ferais bien mon affaire un de ces prochains jours.

Nous étions trois à table. Mon fils et ma belle-fille originaire de Porto-Vecchio, m'accompagnaient. Je dois avouer que cette soirée était un peu en son honneur. Je dîne habituellement seul. Les livres, la cuisine et l'Internet son mes dernières passions. Je pratique l'informatique depuis 20 ans et la cuisine depuis toujours. Un regard à la salle à manger, une vingtaine de convives occupent une vingtaine de place, nous avons bien fait de réserver. Une musique des montagnes coule jusqu'à nos oreilles pendant que le maître des lieux nous propose un apéritif. Ce sera un kir au cédrat (gros citron amer), un magagna (vin cuit à la myrthe) et une Pietra (bière à la farine de châtaigne). Suivi de près par un Patrimonio rouge. Splendide. Bouqueté, charpenté, longue garde, ce divin nectar a été frappé par la grâce de la fameuse baguette terminée par une pomme de pin et entourée de lierre et de feuilles de vigne que manie ingénieusement Bacchus.

Une grande tranche de pain poilâne côtoie ma terrine de figatelli, tandis que ma belle-fille commence à servir les premiers mets qui trônent au milieu de la table. Le spectacle est surprenant et là j'ai pris des notes : carpaccio de coppa, courgettes et omelette au broccio (fromage frais), volaille aux herbes du maquis, jambon de pays, saucisson, pommes de terre en robe de chambre garnies au broccio, fromage de brebis sur des tranches de pain à manger « nécessairement », précise notre hôte, avec la confiture de figue maison. Tout ça sur un plateau pour deux personnes. Le figatelli, est une délicieuse saucisse de foie présentée en terrine pour la circonstance. Elle cède rapidement la place à un plat merveilleux, le Rosula di Pesci. Pour vous le décrire je partirais du bas : des quenelles de broccio, étage supérieur sauce tomate, étage supérieur une fine couche de gratinée, étage supérieur un steak de thon recouvert de confit de rose et couronné d'une tomate en forme de pétale de rose. Un bonheur. Ma cuillère partait de haut en bas et je ramenais de petites pelletées de chaque ingrédient vers mon palais avide. Plateau et Rosula expédiés nous voilà face à une assiette de fromage de brebis. Assez fort en bouche les tranches de tome sont adoucies par la confiture de figue maison, encore une habitude corse qui n'est pas sans rappeler d'autres régions de Méditerranée.

La crêpe corse à la farine de châtaigne vient compléter un intense repas. Les amphitryons fastueux et connaisseurs savent de quoi je parle. Pour moi ce sera une Sintineddi, une crêpe légère et fine à base de broccio (et oui encore) contenu dans une aumônière et arrosé d'alcool d'orange, très aérien. Ma belle-fille prendra une Cinto (glace vanille, chocolat chaud sur crêpe) et mon fils une aumônière également garnie de crème à base de marron. Le nom la crêpe corse a été déposé à l'Inpi ainsi que la recette apprend t'on de notre hôte. Il sourit quand je lui dis qu'Auguste Escoffier n'avait pas fait mieux dans sa formule de la Suzette qui au demeurant comportait aussi du curaçao, symbolisant l'entre-deux terres dans mon dessert. Les adeptes de l'art royal comprendront.

Trois digestifs nous ont permis de conclure cette soirée brillamment. Aqua vita pour mes enfants et alcool de myrthe pour moi. Nous avons regardé les convives quitter le restaurant les uns après les autres. Tous semblaient ravis et serraient la main du peintre-restaurateur en partant. J'ai cru reconnaître un chanteur et mon fils m'a parlé d'une jeune actrice assise à la table à côté de nous, dont j'ai oublié le nom. Du beau monde à Levallois. Une vision bornée de la restauration nous a imposé d'en localiser les confins à la petite couronne. Les Parisiens réduisent volontiers la gastronomie à Paris intra-muros. Le pari de ce jeune couple corse est en phase d'être réussi puisqu'ils sont complets tous les samedis pendant plusieurs mois. Bravo à ceux qui ont eu le courage de me suivre jusqu'ici, félicitations à Patricia Ettori. Cette jeune maman corsa est certainement l'avenir de la cuisine de son île de beauté, quant à moi sachez que j'ai pris autant de plaisir à revivre mon repas au cours de cette écriture que j'en ai eu sur place en compagnie de ma famille.

Corsica restaurant
13 rue Voltaire
92300 Levallois
France


Assoun


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